À travers ces Assises, la CGT porte une exigence claire : mettre fin à la désindustrialisation et remettre l’emploi au coeur des choix économiques.
L’industrie ne doit plus être la variable d’ajustement des stratégies financières. Depuis plusieurs années, la CGT alerte sur l’accélération de la désindustrialisation.
Les annonces de fermetures, de délocalisations et de suppressions d’emplois se succèdent à un rythme inédit. En deux ans, la CGT a recensé près de 550 plans de licenciement, touchant plus de 400 sites industriels et mettant en danger des centaines de milliers d’emplois directs et indirects. Aucun secteur n’est épargné. Partout, ce sont des savoir faire qui disparaissent, des territoires qui sont fragilisés, des vies qui sont bouleversées.
L’industrie ne doit plus être la variable d’ajustement des stratégies financières
Pour la CGT, il n’y a pas de fatalité : réindustrialiser le pays, c’est aussi lutter contre le déclassement et redonner des perspectives aux travailleurs et travailleuses et aux territoires. C’est une condition essentielle pour faire reculer les logiques de repli et reconstruire un projet économique et social fondé sur la justice et la solidarité.
À l’heure où les choix économiques engagent l’avenir du pays, la CGT entend peser pleinement pour imposer une autre voie : produire en France, protéger l’emploi, créer les conditions d’une transition environnementale au bénéfice du plus grand nombre et reprendre la main sur notre avenir industriel.

Liste noire des plans de licenciements (mise à jour)
Cette liste constitue une nouvelle version mise à jour de celle publiée au mois de mai 2024 à l’occasion des Etats généraux de l’industrie et de l’environnement organisés par la CGT, puis actualisée à plusieurs reprises.
Elle comprend désormais 546 plans de suppression d’emplois sur la période septembre 2023 / mars 2026
(au 17 mars). Si les localisations géographiques ne sont pas identifiées pour tous ces plans, ce sont 411 sites à caractère industriel qui sont identifiés.
126 233 emplois menacés ou supprimés, dont 55 018 pour la seule industrie, sont recensés.

Ces chiffres sont à mettre en rapport avec les annonces faites lors des dernières éditions de Choose France :
- 2024 : « Les 15 milliards d’euros d’investissements permettront de créer ou maintenir plus de 10 000 emplois » selon Business France, concernant « 56 projets ».
- 2025 : ont été annoncés 37 milliards d’euros d’investissements, dont 20 milliards pour de nouveaux projets, censés générer 13 000 emplois.
Concernant l’industrie, si on retranche les 2765 emplois d’intérimaires et sous-traitants identifiés dans le recensement CGT, on arrive au chiffre de 52 253 emplois directs supprimés ou menacés dans l’industrie. Si on applique à ce chiffre le ratio de 4,5 emplois indirects et induits pour 1 emploi industriel (repris par la BPI dans le bilan de son Fonds SPI, sur la base des données INSEE), cela représenterait un volume d’emplois générés de 235 138.
La nature des emplois supprimés ou menacés recensés par la CGT n’étant pas connue de manière systématique (et pouvant comprendre une part d’emplois intérimaires notamment), on peut aussi raisonner sur une estimation plus basse de 2 emplois induits, soit 104 506 emplois.

Si on cumule le total des emplois supprimés ou menacés (126 233) et le potentiel d’emplois indirects et induits dans l’industrie (104 506 hypothèse basse, 235 138 hypothèse haute), on arrive donc à l’évaluation globale d’un impact négatif compris entre 230 739 et 361 371 emplois depuis septembre 2023.
Ce recensement documenté aboutit à une estimation minimale.
D’abord, cette liste ne prétend pas à l’exhaustivité : il s’agit d’une enquête militante qui, à la différence des données officielles anonymisées, permet de donner à voir la diversité des situations tant en termes de secteurs que de territoires impactés.
En avril 2025, suite au déclenchement de la guerre commerciale par Trump, France Chimie a chiffré entre 15 000 et 20 000 le nombre d’emplois menacés de destruction dans le secteur et évalué à 47 le nombre de sites industriels menacés de fermeture.
En décembre 2025, la Fédération française du bâtiment a constaté 20 000 emplois détruits en 2025 et a déclaré anticiper 10 000 destructions supplémentaires en 2026.
D’autre part, sauf exception, ces derniers chiffres ne tiennent pas compte des emplois induits pour les secteurs hors industrie : par exemple, dans le cas de la Société générale, le syndicat CGT de l’entreprise évalue l’impact négatif à 3000 emplois chez les prestataires en plus des 1050 du PSE (impact inclus dans notre recensement).
Enfin cette compilation ne permet pas de mesurer les conséquences globales des effets combinés des politiques d’austérité et des destructions d’emplois dans le secteur privé.
Ce sont plusieurs dizaines de milliers d’emplois supplémentaires menacés qui peuvent être ajoutés à ceux recensés par la CGT. Notre recensement documenté est donc cohérent avec les évaluations qui ont circulé, notamment celle du cabinet Altares fin 2024 portant sur 300 000 emplois alors menacés du fait de la vague de défaillances d’entreprises.
Selon l’INSEE, l’emploi salarié dans l’industrie recule de 16 000 sur un an au dernier trimestre 2025

Notre recensement illustre notamment la casse industrielle en cours dans la filière automobile (avec 51 plans dans la métallurgie et 9 dans la chimie et le verre concernant des fournisseurs) et dans la sidérurgie (Arcelor, Novasco, Erasteel, Aprema…). Plus globalement, la métallurgie est fortement impactée avec plus de 24 000 emplois directs supprimés ou menacés dans le cadre de 151 plans de suppressions d’emplois.
Les industries chimiques (plus de 11 000 emplois directs supprimés dans le cadre de 103 plans) et celles du papier/carton sont également tout particulièrement impactées par ce processus de casse.
Le commerce (près de 20 000 emplois impactés) et le secteur des banques et assurances (plus de 8 000 emplois supprimés ou menacés) sont également durement frappés par la vague de licenciements.
La CGT relève la part importante du nombre de plans de suppression de postes dans le secteur public et le domaine du sanitaire et social (plus de 13 000 emplois supprimés ou menacés). Cette situation découle en particulier des choix austéritaires du gouvernement avec une traduction directe sur les services de l’État et un effet en cascade sur les collectivités territoriales et le secteur associatif par l’effet des coupes budgétaires qui leur sont imposées.

➡️ Toutes les données à retrouver ici
