Le recensement réalisé par la CGT met en lumière une réalité alarmante.
Plus de 60 Bourses du travail sont actuellement concernées par des procédures d’expulsion, des menaces de
fermeture, des réductions drastiques de surface, des conventions précaires ou des situations d’insalubrité avancée.
Ces attaques prennent des formes multiples mais souvent convergentes :
- expulsions pures et simples, parfois sans solution de relogement ;
- chantage, menaces ou pressions politiques pour limiter l’activité syndicale ;
- dégradation volontaire des conditions d’accueil par le retrait de l’entretien, du chauffage, du ménage ou des moyens humains ;
- réduction massive des surfaces, rendant impossible l’accueil des salarié·es et la tenue de réunions syndicales.
La carte nationale des Bourses du travail en danger montre qu’ aucun territoire n’est épargné : grandes métropoles comme zones rurales, Outre-mer compris. Ce n’est pas une somme de cas isolés : c’est une tendance lourde, révélatrice d’un choix politique.
→ À Grenoble (Isère), la Bourse du travail repose sur une convention précaire, renégociée tous les trois ans, sans garantie de pérennité. Cette instabilité permanente empêche toute projection à long terme et place l’Union locale dans une situation de dépendance politique vis-à-vis de la municipalité.
→ À Créteil (Val-de-Marne), le Conseil départemental a décidé unilatéralement de réduire la surface de la Maison départementale des syndicats, dégradant directement les conditions d’accueil des salarié·es et l’exercice du droit syndical.
→ À Bordeaux (Gironde), la Bourse du travail est en travaux et plusieurs espaces sont fermés au public à cause de l’insalubrité et de l’insécurité, c’est le cas de 14 bourses du travail en France.
→ À Foix et à Saint-Girons (Ariège), les unions locales font face à des procédures d’expulsion toujours en cours, parfois depuis plusieurs années, illustrant une stratégie d’usure visant à décourager l’action syndicale.
→ À Ruffec, Beaune, Arles ou Carcassonne, les situations se ressemblent : menaces d’expulsion sans solution de relogement, projets de reconversion des locaux syndicaux en équipements touristiques ou commerciaux, refus de renouveler les baux.
S’attaquer aux Bourses du travail, ce n’est pas s’en prendre à des murs. C’est tenter de faire taire celles et ceux qui organisent la défense collective, qui accompagnent les 9 salarié·es face aux licenciements, aux discriminations, aux accidents du travail, à la précarité. C’est affaiblir les contre-pouvoirs, réduire l’espace démocratique, invisibiliser le monde du travail.
Alors que la répression syndicale s’intensifie, procédures judiciaires, pressions patronales, attaques politiques, la remise en cause des Bourses du travail constitue l’un des visages les plus concrets de cette dérive. Défendre les libertés syndicales, c’est aussi défendre les lieux où elles s’exercent.

