Un phénomène systémique d’ampleur nationale
Pour rendre visibles les atteintes aux libertés syndicales, la CGT a engagé un recensement à l’échelle nationale. Sur les 357 signalements recensés, 347 ont pu être analysés. Ce recensement s’appuie sur une démarche militante de remontées des situations ; il ne couvre pas l’ensemble des atteintes existantes.


Licenciements, tentatives de licenciement et contournement de la protection
La parole aux militant·es :
Marie Laure travaille dans le secteur du commerce dans le Finistère : ”Alors que je viens d’être nommée comme représentante de la section syndicale (RSS) de l’Union départementale (UD), je suis convoquée et intimidée par le directeur de l’enseigne pour laquelle je travaille. Avec l’UD nous allons au tribunal pour asseoir notre droit à nommer une RSS, et nous gagnons ! Je suis licenciée peu de temps après.”
Camidi, travaille à Port-la-Nouvelle : “Suite au refus de licenciement prononcé par l’inspectrice du travail, mon employeur a tenté de maintenir mon licenciement en ayant recours à un supérieur hiérarchique. Son appel a été retoqué par le ministère. Il a ensuite lancé une procédure au tribunal administratif de Montpellier, qui a été elle aussi rejetée. ”
Ludovic travaille au groupe de blanchisserie industrielle Kalhyge / Anett : “Je suis délégué syndical central CGT du groupe de blanchisseries industrielles Kalhyge-Anett, qui compte environ 2 800 salariés en France. Depuis le rachat de Kalhyge par le groupe Anett, un climat de tensions et de pressions s’est progressivement installé à mon encontre ainsi qu’envers plusieurs autres représentants élus CGT (syndicat majoritaire au sein du groupe). Le 8 octobre dernier, j’ai été agressé physiquement et verbalement par une responsable hiérarchique engendrant un accident du travail. La direction a choisi, avec l’appui de deux cabinets extérieurs, d’orchestrer une procédure visant à retourner la situation contre moi tout en protégeant la responsable. Constitution d’enquêtes biaisées, témoignages de salariés notoirement hostiles à la CGT : je subis une mise à pied depuis le 27 novembre. Sur la base des enquêtes menées par les cabinets, la direction a saisi l’Inspection du travail pour valider mon licenciement. La procédure est toujours en cours.”

Discriminations syndicales (carrière, rémunération, missions)
La parole aux militant·es :
Salarié anonyme du groupe Daniel dans les Pyrénées atlantiques (64) “Je suis élu au CSE dans mon entreprise où j’ai signalé des manquements à la sécurité. Suite à cela, une mutation a été prononcée à mon encontre.
Salarié anonyme de l’entreprise Terroirs d’avenir à Paris “A la suite du rachat de l’entreprise à 87% par un fonds d’investissement, une restructuration a été opérée, accentuant la pression sur la salariés. Avec la section syndicale de la CGT, nous avons dénoncé plusieurs fois les pratiques managériales, particulièrement subies par les représentants syndicaux. Nous avons lancé plusieurs recours aux prud’hommes pour discriminations syndicales envers 3 élus CGT.

Atteintes aux droits syndicaux et entraves au mandat
Salarié anonyme à l’école européenne d’art de Bretagne
“En 2023, suite à une médiation, une résolution de plein droit sur les heures de décharge a été adoptée. Cependant, nous avons toujours des difficultés à avoir des décharges réelles et effectives. Notre travail n’est pas pris en charge en cas d’indisponibilité et aucune anticipation de l’organisation de l’emploi de temps n’a été mise en place. Les heures consacrées aux instances (dites, professionnelles : CST, F3SCT) ne font pas l’objet de récupération, et le temps consacré aux autres instances ( CA, CPVE, COS, Conseil médical) est effectué comme des heures supplémentaires sur nos emplois habituels. Ce temps de travail, pourtant effectif, n’est pas considéré comme tel par notre administration, qui elle bénéficie pourtant, dans son temps consacré aux instances, d’un temps de travail reconnu.

Pressions, intimidations
Salarié anonyme dans un EHPAD de Seine-Saint-Denis (93)
“5 salariés, syndiqués à la CGT, ont reçu des courriers de sanction ou de recadrage de la part du nouveau directeur. Nous avons eu recours à l’inspection du travail, venue sur site, pour apaiser la situation.”
Salarié anonyme de l’entreprise ADAM à Saint Agen de Versillat (23)
“Suite à la répression syndicale contre l’ensemble des organisations présentes – CGT et CFDT – l’entreprise ne dispose plus de représentants syndicaux.”

