{"id":1067,"date":"2025-09-30T23:07:52","date_gmt":"2025-09-30T21:07:52","guid":{"rendered":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/2025\/09\/30\/la-dette-publique-en-10-questions\/"},"modified":"2025-09-30T23:07:52","modified_gmt":"2025-09-30T21:07:52","slug":"la-dette-publique-en-10-questions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/2025\/09\/30\/la-dette-publique-en-10-questions\/","title":{"rendered":"La dette publique en 10 questions"},"content":{"rendered":"<h2>La dette publique fran\u00e7aise est-elle trop \u00e9lev\u00e9e ?<\/h2>\n<p><strong>NON.<\/strong> L\u2019\u00c9tat a la capacit\u00e9 de r\u00e9emprunter pour rembourser les emprunts qui arrivent \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance, ce qui fait que seuls les int\u00e9r\u00eats p\u00e8sent sur le budget. En 2024, ces in\u00eatrets repr\u00e9sentaient 2,1\u00a0% du PIB, c&rsquo;est \u00e0 dire moins que la moyenne des 40 derni\u00e8res ann\u00e9es \u00a0(2,4\u00a0% du PIB) et m\u00eame moins que d\u2019autres pays (2,4\u00a0% en Espagne, 2,9\u00a0% au Royaume-Uni, 3,9\u00a0% en Italie et 4,7\u00a0% aux \u00c9tats-Unis par exemple). Elle ne d\u00e9passe pas 4\u00a0% des d\u00e9penses publiques. En r\u00e9alit\u00e9, elle est m\u00eame plus faible car la perte de valeur de la monnaie du fait de l\u2019inflation b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 l\u2019\u00c9tat.<strong> En tenant compte de l\u2019inflation (2\u00a0% en\u00a02024), la charge r\u00e9elle de la dette est n\u00e9gative\u00a0: &#8211;\u00a00,3\u00a0% du PIB\u00a0! <\/strong>C\u2019est la taxe inflationniste.<\/p>\n<h2>La dette : cadeau empoisonn\u00e9 pour les g\u00e9n\u00e9rations futures \u00a0?<\/h2>\n<p><strong>PAS DU TOUT.<\/strong> D&rsquo;abord, la dette publique a une dur\u00e9e de vie d\u2019environ huit\u00a0ans et les \u00e9ch\u00e9ances d\u2019emprunt sont toujours honor\u00e9es puisque l\u2019\u00c9tat r\u00e9emprunte pour rembourser ses pr\u00eateurs. Ensuite, on ne peut mesurer ce que l\u2019on doit qu\u2019au regard de ce que l\u2019on a. Quand Fran\u00e7ois Bayrou d\u00e9crit les 3\u00a0000\u00a0milliards de dettes comme une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s au-dessus de la t\u00eate des g\u00e9n\u00e9rations futures, il oublie de pr\u00e9ciser que<strong> l\u2019\u00c9tat dispose d\u2019un patrimoine de plus de 4\u00a0447\u00a0milliards d\u2019euro<\/strong>s. Si chaque Fran\u00e7ais\u00b7e h\u00e9rite de 55\u00a0600\u00a0euros de dette, il\/elle na\u00eet aussi avec 64\u00a0800\u00a0euros de patrimoine commun, soit un solde positif de 9\u00a0200 euros\u00a0!<\/p>\n<h2>Peut-on comparer la dette de l\u2019\u00c9tat \u00e0 celle d\u2019un m\u00e9nage, d&rsquo;une entreprise ou d&rsquo;une association\u00a0?<\/h2>\n<p><strong>LA COMPARAISON N\u2019A AUCUN SENS.<\/strong> Un m\u00e9nage ou une entreprise doit solder ses dettes un jour, car sa dur\u00e9e de vie est limit\u00e9e. L\u2019\u00c9tat, lui, ne meurt pas : il peut r\u00e9emprunter ind\u00e9finiment. De plus, la dette priv\u00e9e ( m\u00e9nages et entreprises) est bien plus \u00e9lev\u00e9e que la dette publique\u00a0: 215,5\u00a0% du PIB fin\u00a02024, contre 113\u00a0% pour la dette publique. Enfin, l\u2019\u00c9tat peut d\u00e9cider lui-m\u00eame de ses ressources en levant l\u2019imp\u00f4t, et peut donc jouer sur le montant de ses recettes fiscales pour rembourser sa dette.<\/p>\n<h2>Faut-il r\u00e9duire les d\u00e9penses publiques pour rembourser la dette ?<\/h2>\n<p><strong>CE N\u2019EST PAS UN PROBL\u00c8ME DE D\u00c9PENSES\u2026<\/strong> D\u2019apr\u00e8s l\u2019Insee, les d\u00e9penses publiques repr\u00e9sentaient 57,7\u00a0% du PIB en\u00a02017, et s\u2019\u00e9tablissent aujourd\u2019hui \u00e0 57,1\u00a0% du PIB. En revanche, la politique \u00e9conomique men\u00e9e par Emmanuel Macron a eu pour effet de diminuer massivement les pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires, qui passent de 54,3\u00a0% du PIB \u00e0 51,3\u00a0% du PIB. Un rapport d\u2019Attac, de l\u2019Observatoire de la justice fiscale et du Comit\u00e9 pour l\u2019annulation des dettes ill\u00e9gitimes \u00e9tablit \u00e0 308,6\u00a0milliards d\u2019euros les baisses de pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires entre\u00a02018 et\u00a02023 (dont 207\u00a0milliards d\u2019euros de cadeaux fiscaux aux entreprises et aux m\u00e9nages ais\u00e9s)\u2026 Soit un tiers de la hausse de la dette publique\u00a0!<\/p>\n<h2>La France risque-t-elle une intervention du FMI\u00a0?<\/h2>\n<p><strong>NON.<\/strong> Le FMI n\u2019intervient qu\u2019\u00e0 la demande des \u00c9tats pour financer leurs dettes publiques quand les march\u00e9s n\u2019ont plus assez confiance pour le faire. Il ne peut donc pas imposer de mesures aust\u00e9ritaires de son propre chef.<\/p>\n<h2>Peut-on comparer la France de\u00a02025 et la Gr\u00e8ce de\u00a02010\u00a0?<\/h2>\n<p><strong>\u00c7A N\u2019A RIEN \u00c0 VOIR.<\/strong> La crise grecque a d\u00e9but\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation par le pr\u00e9sident nouvellement \u00e9lu que son pr\u00e9d\u00e9cesseur avait sous-d\u00e9clar\u00e9 le d\u00e9ficit du Pays (6\u00e9nbsp;% au lieu de 15,4\u00a0%), provoquant une perte de confiance des investisseurs. Lorsque le FMI, la BCE et la Commission europ\u00e9enne sont intervenu\u00b7es, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sur les obligations grecques \u00e9tait de 37\u00a0%\u00a0\u2013\u00a0dix\u00a0fois plus que celui de la France aujourd\u2019hui, qui reste relativement proche de celui des autres pays europ\u00e9ens. De plus, au contraire de la Gr\u00e8ce, la France n\u2019a pas besoin d\u2019emprunter de l\u2019argent aupr\u00e8s des pays \u00e9trangers pour financer ses importations.<\/p>\n<h2>La dette fran\u00e7aise fait-elle fuir les investisseurs ?<\/h2>\n<p><strong>AU CONTRAIRE\u00a0!<\/strong> Les investisseurs consid\u00e8rent la dette publique fran\u00e7aise comme un actif s\u00fbr. Il y a trois\u00a0fois plus de demande pour les obligations fran\u00e7aises \u00e0 dix\u00a0ans que d\u2019offre, et alors que l\u2019Agence France Tr\u00e9sor \u00e9mettait 11\u00a0milliards d\u2019euros de nouvelle dette, les investisseurs en ont demand\u00e9 pour 25\u00a0milliards d\u2019euros\u00a0!<\/p>\n<h2>La France peut-elle continuer \u00e0 s\u2019endetter sans danger ?<\/h2>\n<p><strong>\u00c7A D\u00c9PEND.<\/strong> Il n\u2019y a pas de risque \u00e0 s\u2019endetter si c\u2019est pour financer des investissements et des emplois. En revanche, c\u2019est plus probl\u00e9matique lorsque l\u2019endettement est la cons\u00e9quence de cadeaux fiscaux totalement improductifs aux grandes entreprises et aux plus riches. Le probl\u00e8me n\u2019est pas la dette publique, mais ce qu\u2019on en fait.<\/p>\n<h2>Si ce n\u2019est pas la dette, qu\u2019est-ce qui plombe les finances publiques ?<\/h2>\n<p><strong>C\u2019EST LE CAPITALISME !<\/strong> Un quart du budget de l\u2019\u00c9tat finit dans les poches du patronat, avec chaque ann\u00e9e plus de 200\u00a0milliards d\u2019euros d\u2019aides sans condition ni contrepartie. Ce montant repr\u00e9sente deux fois et demie le budget de l\u2019\u00c9ducation nationale, cinq fois celui de la transition \u00e9cologique, huit fois celui de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur et de la recherche, ou encore onze fois celui de la sant\u00e9 et des solidarit\u00e9s\u00a0!<\/p>\n<h2>Quelles solutions pour sortir du pi\u00e8ge de la dette ?<\/h2>\n<p><strong>ON SE MOBILISE\u00a0!<\/strong> Il est urgent de gagner l\u2019enterrement du projet de budget et la mise en place de mesures d\u2019urgence autour de 5\u00a0priorit\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><strong>la justice fiscale\u00a0:<\/strong> la taxation des patrimoines, des dividendes et des rachats d\u2019actions, la remise \u00e0 plat des 211\u00a0milliards d\u2019aides publiques aux entreprises, le r\u00e9tablissement de l\u2019ISF et la mise en place d\u2019une vraie progressivit\u00e9 de l\u2019imp\u00f4t sur le revenu\u00a0;<\/li>\n<li><strong>la justice sociale<\/strong> par l\u2019abrogation de la r\u00e9forme des retraites, premi\u00e8re \u00e9tape pour gagner la retraite \u00e0 60\u00a0ans et une S\u00e9curit\u00e9 sociale r\u00e9pondant aux besoins\u00a0;<\/li>\n<li><strong>le financement de nos services publics\u00a0: de l\u2019argent pour nos h\u00f4pitaux, nos \u00e9coles, nos universit\u00e9s, nos infrastructures et notre politique culturelle\u00a0;<\/strong>\n<ul>\n<li><strong>l\u2019augmentation des salaires, des pensions, des minima sociaux, l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes et des mesures contre la vie ch\u00e8re dans les Outre-mer\u00a0;<\/strong><\/li>\n<li><strong>la r\u00e9industrialisation, la transformation environnementale de notre \u00e9conomie et l\u2019arr\u00eat des licenciements.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"paragraph bg-white section-wrapper row paragraph--type--titre-boutton-text paragraph--view-mode--rss\">\n<div class=\"column small-12 medium-10 large-8\">\n<div class=\"row\">\n<div class=\"column small-12 large-12 \">\n          <a class=\"btn with-arrow-after full-width\" href=\"https:\/\/www.cgt.fr\/\" target><\/a>\n      <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La dette publique fran\u00e7aise est-elle trop \u00e9lev\u00e9e ? NON. L\u2019\u00c9tat a la capacit\u00e9 de r\u00e9emprunter pour rembourser les<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_eb_attr":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1067","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1067","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1067"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1067\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1067"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1067"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cgtbressuire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1067"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}